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Intéressé par un concert de Raphaël Angelini ?
Choisissez parmis les deux catégories ci-dessous :
Raphaël, vous êtes un pianiste complètement "à part". Tous ceux qui vous ont déjà entendu le diront ! Pouvez-vous décrire le type de récital que vous donnez ?
Il y a longtemps que je tente de modifier la façon dont on envisage le concert classique. Je constate que le public s’éloigne de plus en plus de la musique dite savante. Les jeunes sont très intimidés face à la froideur d’un concert classique. Alors, ils la rejettent. Les médias ne sont pas non plus étrangers au manque d’intérêt des gens. Pourtant, cette musique est incroyablement belle et accessible. Il n’y
a pas d’élitisme véritable, ni dans le classique, ni dans le jazz ! Ce n’est donc pas une fatalité si les jeunes désertent les salles de concert. Il suffit de dépoussiérer la forme du concert sans pour autant en modifier le fond.
C'est-à-dire ?
Je m’efforce de construire un programme qui soit le plus éclectique possible. Jouer Bach, Beethoven, Chopin accompagnés de Bill Evans, Ennio Morricone ou encore de mes compositions personnelles est jubilatoire pour le public. Je ne dénigre pas les concerts qui tournent autour d’un style ou d’un compositeur mais aujourd’hui, il y a un manque criant de concerts-tremplin qui permettent aux gens de se familiariser avec
des styles différents.
Vous êtes également actif dans la chanson française. Est-ce compatible avec votre activité de concertiste ?
La chanson française est un art formidable ! La force des mots, leur beauté… Brassens était un grand poète qui avait le talent de mettre ses textes en musique. Ce n’est pas donné à tout le monde. Pour ma part, j’ai toujours essayé de sortir du raisonnement facile qui consiste à dire que la chanson est un art mineur. Mineur par rapport à quoi ? C’est un art différent, voilà tout !
En chanson française, vous proposez des concerts avec la formule "récital pluriel".
En quoi cela consiste-t-il ?
Disons-le clairement, ce n’est pas facile à défendre et je dois faire face au véto des organisateurs. Mais je suis convaincu que si on mêlait plus souvent chanson et piano classique dans un seul et même concert, on pourrait attirer une grande foule. J’adore la forme courte. Jouer un prélude de Bach suivi d’une chanson de Ferré est tout à fait compatible. Cette association de genres continue pourtant à faire peur. Je
me demande bien pourquoi
!
Vous avez aussi pris le parti de jouer des "solo" de grands pianistes de jazz. Cela ne s’est encore pratiquement jamais fait ! Comment avez-vous eu cette idée ?
En écoutant d’immenses pianistes comme Evans ou Tatum, je me suis vite dit que leurs improvisations méritaient d’être réinterprétées en se basant sur l’enregistrement d’origine. Ce n’est pas une atteinte à l’essence même du jazz, qui est improvisé et que je respecte profondément. C’est une façon personnelle de défendre et de rendre hommage à la qualité universelle et unique de ces grands artistes.
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